La diversité des acteurs, la complexité des projets et le manque de culture Internet rendent difficile le choix du prestataire Web. Heureusement, le respect de quelques règles simples suffit à limiter les risques.
La réussite d'un projet Web repose sur un cahier des charges clair, de bons choix techniques et un prestataire compétent", synthétise Sylvie Aubin-Zaabi, directrice des éditions du CIDJ (Centre d'Information Jeunesse). "La publicité faite à l'appel d'offres et le choix des destinataires sont aussi fondamentaux : trop de visibilité conduit à un travail très important de dépouillement. A l'inverse, oubliez de communiquer et vous n'aurez pas assez de bonnes réponses", complète Benoît Léger, consultant chez Stelau Conseil.
SSII, indépendant, Web agency ou intégrateur ?
Le choix du candidat est difficile car il demande une bonne connaissance des
forces et faiblesses de chaque type d'intervenant en fonction des contraintes
du projet. Pour se décider, la taille du projet et sa nature jouent un rôle
essentiel. S'il est modeste et peu stratégique (un site vitrine par exemple),
un indépendant peut apporter plus de souplesse et de réactivité qu'une grosse
structure... pour un budget largement inférieur. En revanche, quand le projet
implique des processus métier comme la gestion des stocks ou la comptabilité,
mieux vaut s'appuyer sur un spécialiste du domaine, souvent une SSII (Société
de Service et d'Ingénierie Informatique) ou un intégrateur. "Même si elles
recourent fréquemment à la sous-traitance, les structures de taille moyenne à
importante rassurent sur leur pérennité et garantissent un interlocuteur dans
la durée", précise Sylvie Aubin-Zaabi.
Trois à cinq candidats par short-list
Pour Florent Mondolfo, responsable de Prestataires.com, "la short-list idéale
doit comprendre de trois à cinq prestataires, ce qui est suffisant pour se
faire une idée de la diversité des solutions et des budgets". Pour les
identifier, Sylvie Aubin-Zaabi a "sans cesse en tête la chasse au bon
prestataire". Elle note le nom des entreprises ayant développé un site qui lui
plait, se renseigne auprès des professionnels qu'elle croise, "même mon
banquier et mon agence de voyage !", précise-t-elle. Une autre méthode
efficace consiste à confier son besoin à des sites spécialisés comme
123presta, Companeo ou Prestataires qui disposent tous d'une base de plusieurs
milliers de spécialistes.
Ne pas oublier de convaincre le prestataire !
"Plus votre projet est valorisant pour le prestataire, plus il pourra s'en
servir pour se vendre. Son implication sera donc proportionnelle à l'intérêt
que vous saurez éveiller en lui", indique Florent Mondolfo. Le "brief" doit
donc être abordé comme une réunion de partenaires. Idéalement, une à deux
heures seront consacrées à chaque candidat pour évoquer les objectifs, les
points fonctionnels et techniques importants ainsi que la procédure d'appel
d'offres. Il ne sert à rien de trop détailler le besoin, le cahier des charges
est là pour ça.
Grilles de critères et ressenti, les clés d'un choix équilibré
L'analyse des propositions commence dès la rédaction du cahier des charges. A
cette occasion, des grilles de critères sont formalisées et pondérées. Elles
servent à analyser les propositions. "Quand le projet est complexe, un
bordereau de prix est proposé aux candidats. Les éléments factuels (charge,
planning, budget, etc.) pourront ainsi être comparés en quelques minutes,
laissant plus de temps pour évaluer la valeur ajoutée de chaque prestataire et
comprendre les méthodologies proposées", ajoute Benoît Léger. Reste à évaluer
la dimension affective : la première impression est-elle positive ? Le
candidat a-t-il recherché des solutions spécifiques plutôt qu'exposé ses
références ? A-t-on envie de travailler avec lui ?
Pour être sûr, contacter les clients du prestataire
Mais attention, la proposition remise lors de l'appel d'offres ne suffit pas.
"Il faut voir les autres réalisations et contacter par ses propres moyens des
donneurs d'ordre ayant déjà travaillé avec le prestataire", conseille Florent
Modolfo. C'est en effet le meilleur moyen d'anticiper des problèmes
"invisibles" tels qu'un décalage entre la volonté du client et le site
effectivement réalisé ou un manque de réactivité pour les mises à jour. "Je ne
suis jamais allée vérifier les certifications type Microsoft de mes
prestataires : je me fie aux projets développés avec des clients, pas aux
peaux de lapins informatiques !", renchérit Sylvie Aubin-Zaabi. Le choix final
repose sur un savant équilibre entre les critères objectifs et affectifs. Si
les premiers sont rationnels donc indiscutables, il ne faut surtout pas
négliger la dimension humaine. L'implication, la capacité à se remettre en
cause, l'envie de créer une "success story" sont tout aussi déterminants dans
un secteur où les développeurs doivent tout réapprendre chaque année.
Article paru sur Indexel.net, Stéphane Bordage
